Jeudi 24 juin 2010 4 24 /06 /Juin /2010 22:14

 Cioffi-a-Saint-Denis.JPG

 

 

Chanter du Bel canto dans une basilique ne manque pas de sel. C’est pourtant le défi que s’est lancé le festival de Saint Denis qui présentait cette année un récital hors norme de Patrizia Ciofi et Laura Polverelli, consacré aux reines du Bel canto. S’il semble séduisant de choisir un thème royal dans le sépulcre des souverains de France, le Bel canto semble lui moins à sa place dans une église. Sous les grandes orgues de la basilique, les royaux crêpages de chignon de Marie Stuart et d’Elisabeth ou les cas de conscience d’Anne Boleyn paraissent bien peu à leur place.

 

Sans parler de l’acoustique, qui n’a rien à voir avec celle d’un théâtre d’opéra : il faut habituer ses oreilles à ces sonorités étouffées, à ces résonnances parasites, comme on habitue ses yeux à la pénombre. Le premier extrait passe comme un mauvais rêve, les écrans de télévision qui jalonnent les piliers de la cathédrale contribuant à cette impression d’une mauvaise captation télévisuelle. La mezzo-soprano italienne a certainement des moyens vocaux respectables, mais ils sont comme avalés par ces murs de pierres.

 

On attend donc avec d’autant plus d’impatience le phénomène vocal le plus étonnant de sa génération, celle qui mieux que personne sait dompter le mur d’Hadrien aux chorégies d’Orange : Patrizia Ciofi. Et le miracle se produit à nouveau ; cette technique de projection sans pareille fait une nouvelle fois ses preuves : Patrizia Ciofi est en harmonie avec son propre écho. L’aigu est certes parfois un peu poussif, et pas toujours parfaitement maîtrisé, mais quelle élégance de la ligne de chant !

 

Quelques mois après l’avoir vue dans Tancredi à Turin, je retrouvais donc Patrizia Ciofi dans Rossini. Un compositeur qui lui permet à merveille de mettre en valeur sa technique, mais ce n’est pas dans la virtuosité que la cantatrice montre son plus beau visage. Donizetti est sans doute le compositeur qui trouve le plus de résonnances dans les talents vocaux et dramatiques de la soprano dramatique. Le duo d’Elisabeth et de Marie Stuart, extrait du Maria Stuarda de Donizetti, qui m’avait largement déçu à Palerme, prend ici un relief supplémentaire, notamment du fait de la dissymétrie qui se fait jour entre les voix

 

Photo Festival de Saint-DenisC’est que Laura Polvelli, moins en vue sur l’affiche mais non moins présente au cours de la soirée, relève elle aussi le niveau dans Donizetti. Les deux duos de Marie Stuart et d’Anna Bolena sont sans aucun doute les moments forts de la soirée.  L’orchestre national d’Ile de France dirigé par Paolo Carignani brille par sa précision sans jamais totalement convaincre qu’il est à sa place dans la basilique des rois de France. Plus généralement, ce concert de grande qualité n’était sans doute pas à sa place dans ce haut lieu de la musique sacrée. Le festival de Saint-Denis, qui s’est progressivement imposé comme le plus grand festival d’été de région parisienne, trouve sans doute ses limites dans le bel canto. Mais Patrizia Ciofi est plus éblouissante encore au-delà des limites.

 

 

 

 

Les reines du Bel canto, au festival de Saint-Denis, basilique de Saint-Denis, le 22 juin 2010 

 

Par Antonin
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Jeudi 3 juin 2010 4 03 /06 /Juin /2010 21:03

 

Marie-Stuart-Palerme.JPG

 

Comment ne pas profiter de mon passage en Sicile pour rendre visite au plus grand des théâtres italiens, le Teatro Massimo de Palerme ? Un extérieur massif et baroque, un peu chargé mais extrêmement imposant sur la place Garibaldi de Palerme, une salle majestueuse, dans le plus pur style l’italienne, avec comme signe distinctif une galerie si élevée qu’elle domine même le plafond, offrant quelques ouvertures vers les charpentes, qui sont un plaisir esthétique mais une gêne pour les spectateurs, dans la mesure où elles laissent passer la lumière du jour pendant le spectacle.

 Teatro-Massimo-Palerme.jpg

 

Le hasard a voulu que ce soir-là, le Teatro Massimo présente une coproduction avec la Fenice de Venise et le Teatro Verdi de Trieste du rare Maria Stuarda de Donizetti. Une œuvre méconnue, d’un compositeur qui en a produit de si nombreuses, qu’on se demande souvent pourquoi les unes sont restées parmi les plus populaires du répertoire tandis que d’autres ont non moins étrangement sombré dans l’oubli. Il faut dire que Donizetti a sous-exploité le potentiel que lui offrait l’opposition inspirée de Schiller entre les deux personnages de reines de Marie Stuart et Elisabeth I. L’œuvre entière se déroule dans l’attente d’une confrontation de caractères, de fiertés et de voix, qui ne vient jamais complètement. Dommage car le livret offrait en particulier à la fin du premier acte un fort potentiel dramatique. Ce qui n’empêche pas quelques très jolis passages, en particulier dans les ensembles, où Donizetti joue plus de son grand savoir-faire que des subtilités du livret.

 

Marie-Stuart-2.JPGSi la distribution du Teatro Massimo a quelques carences du côté masculin, les deux reines en sont indéniablement le point fort. Tout les oppose, de la couleur de leur costume, jaune pour l’une et vert pour l’autre, là où tous les autres revêtaient des habits sombres, jusqu’à la couleur de la voix, chaleureuse et ambrée pour l’Anna de Veronika Dzhioeva, glaciale et virtuose pour l’Elisabeth de Francesca Provvisionato. Les hommes paraissent moins à leur avantage dans cet opéra très féminin : Robert Nagy est un Roberto di Leicester un peu pataud et guère séduisant, dont la voix passe-partout se fond bien dans les ensembles mais ne tient pas la distance dans les solos. Ugo Guagliardo a plus de noblesse en Talbot, mais il n’est pas toujours d’une justesse infaillible.

 

La mise en scène manque assez nettement d’imagination dans un décor labyrinthique qu’on a quelque peine à interpréter. Quant à l’orchestre du Teatro Massimo, il fait plutôt honneur à la tradition de ce grand théâtre, sans toutefois que les conditions d’acoustique lui rendent pleinement justice.

 

Le contexte n’était en effet pas vraiment favorable, le public du jour (mais était-ce si exceptionnel ?) était particulièrement dissipé, ce qui ne pardonne pas dans une salle de cette dimension. Entre les nombreux touristes, transportés sans doute à l’idée de voir du folklore dans son cadre naturel, et qui ne peuvent retenir le crépitement de leurs flashs. Quant aux locaux, ils n’ont pas davantage la culture du silence qui accompagne habituellement les représentations d’opéra, et on ne compte plus les téléphones allumés, les mots échangés, jusqu’à une première du genre : une conversation complète au téléphone au milieu du spectacle. L’image de cet opéra historique, pris entre les touristes en quête d’une authenticité folklorisée et figée par les photos, et de jeunes désinvoltes, manifestement contraints d’être là, n’avait pas de quoi rassurer sur l’avenir de l’opéra.

 

 

Maria Stuarda de Gaetano Donizetti, au Teatro Massimo de Palerm, jusqu’au 28 mai 2010.

 

Par Antonin - Publié dans : Italie
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Mardi 1 juin 2010 2 01 /06 /Juin /2010 22:53

 

 

Après une absence un peu prolongée, me voici de retour pour quelques commentaires, un peu plus rapides que d’habitude, sur les spectacles qui m’ont marqué à la fin du mois de mai. Reprenons les choses dans l’ordre  :      

 

Calisto.jpgLa redécouverte d’une rareté, la Calisto de Cavalli au théâtre des Champs-Élysées. Une œuvre intéressante, foisonnante, drôle, malheureusement un peu longue, qui méritait en tout cas de revenir au répertoire. C’est à l’excellent Christophe Roussset qu’on doit le plaisir de cette redécouverte, et le travail est fait comme toujours avec un mélange de sérieux et d’imagination. La distribution est de surcroît d’un très bon niveau, dominée par les seconds rôles de Lawrence Zazzo et de Veronique Gens. Et la qualité du spectacle est renforcée par la présence scénique de l’hilarant Giovanni Battista Parodi, Jupiter imposant pourtant capable de chanter une scène entière en voix de fausset au moment de se faire passer pour Diane, et la frêle Sophie Karthäuser, qui parvient à rendre émouvant son rôle absurde d’ingénue candide.

 Billy-Budd.jpg

 Le magnifique Billy Budd à l’opéra Bastille : la production n’est pas nouvelle, mais ses décors magnifiques continuent à fasciner. A la baguette, le britannique Jeffrey Tate parvient à faire sonner d’un charme tout britannique le très français orchestre de l’Opéra de Paris. Et cette distribution sans star mais d’une très grande homogénéité permet d’équilibrer au mieux cette œuvre pessimiste et profondément poétique que j’ai découverte pour ma part avec un très grand plaisir.

 

 

 

Petibon-2.jpg Patricia Petibon, en concert à la Salle Pleyel : si j’avais été très séduit par la performance de l’inclassable soprano française au théâtre des Champs-Elysées l’année dernière. Cette fois encore, la virevoltante rousse minaude, cabotine, espiègle et malicieuse, jouant avec jubilation de son talent certain pour électriser la salle. Mais si la voix demeure unique dans la subtilité du pianissimo, force est de constater que ce numéro parfaitement rôdé (la danse lascive autour du chef d’orchestre, le jeu avec les musiciens de l’orchestre) finit par tourner un peu en rond. Les inconditionnels sont sans doute ravis, mais pour les autres, un seul concert suffira.

Par Antonin
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Vendredi 7 mai 2010 5 07 /05 /Mai /2010 19:13

Photo Felix Broede pour DG 

 

S’il est difficile d’atteindre les sommets dans un art aussi exigeant que l'opéra, il est plus difficile encore d’y remonter quand on en a chu. C’est pourtant le pari de Rolando Villazón, après divers problèmes vocaux et une opération des cordes vocales qui l’a tenu éloigné des scènes pendant plus d’un an. Après un retour intimiste et inégalement reçu au Théâtre des Champs Elysées, Villazón nous reprend là où il nous a laissés, en rattrapant à la Salle Pleyel un récital consacré à Haendel dont l’annulation avait marqué l’an dernier le début de ses difficultés.

 

Une fois n’est pas coutume, j’aborderai le compte-rendu de cette soirée de façon chronologique, tant ce retour longuement attendu a produit d’impressions contradictoires, qu’il serait abusifs de synthétiser dans une réponse trop claire à la question que chacun se posait : la page des difficultés vocales du ténor mexicain est-elle tournée ?

 

Le taux de remplissage de la salle manifeste l’érosion de la popularité de celui qui avant ses problèmes de santé pouvait remplir un stade à Berlin aux côtés de Plácido Domingo et Anna Netrebko à Berlin en 2006. Si les vides du parterre sont rapidement comblés par quelques opportunistes descendus des balcons, l’érosion commence, comme sur un front qui se dégarnit par le haut et par les côtés.

 

Tout commence avec l’arrivée de la Reine de Saba, extraite de Solomon, magnifiée par les Gabrieli consort et leur chef, à la fois sobre et d’une précision de métronome, Paul MacCreesh. Un orchestre spécialisé dans ce répertoire, aux cordes tendues jusqu’à crisser, aux tempi vifs et sautillants, d’une exactitude presque trop irréprochable qui ne se démentira pas un seul instant jusqu’à la fin du spectacle.

 

L’entrée de Villazón vient apporter à cet ensemble un supplément de théâtralité et d’âme, à la fois grain de folie et grain de sable dans les mécaniques parfaitement huilées de cet orchestre de spécialistes. Mais cela ne va pas sans heurt. Ca commence très fort avec un  « Fatto inferno è il mio petto » d’une intensité sans égale : presque cueillie à froid, la salle retient son souffle pendant que les notes d’arrondissent, envahissent l’espace sans perdre en intensité ni en nostalgie. Il y a certes un choc de culture entre cet orchestre baroque de métier, au flegme tout britannique, et ce chanteur au sang chaud, bouillonnant, au vibrato bien peu baroque et à l’exubérance bien peu haendelienne. Mais dans ce passage triste, la tragédie y trouve des accents de vérité peut-être anachroniques mais ô combien émouvants.

 

Puis l’on retombe, et même d’assez haut. En passant à Serse, dans un rôle particulièrement bas qui ne correspond guère à sa tessiture, Villazón ressemble à un sportif blessé qui appréhende la reprise et ménage tellement son organe fragilisé qu’il y perd ce qui a fait son succès. La difficulté à descendre dans le grave s’entend au point de produire quelques notes Lucy Croweà la limite de la justesse, et l’exubérance qui continue à se manifester ne parvient plus à emballer une machine grippée par ses limites techniques. Et d’un coup à nouveau, les critiques souvent entendues, parfois justifiées, qui s’étaient fait entendre sur l’inadéquation de ce timbre solaire et typé à la musique de Haendel, semblent reprendre toutes leur vigueur.

Dans ce moment de désarroi, on peut heureusement se consoler avec l’entrée en scène de la jeune soprano anglaise Lucy Crowe, qui parvient à merveille à tirer de cette position de chauffeuse de salle destinée à meubler la scène pendant que la star se repose la voix, et produit une performance remarquable dans les deux grands airs de Cléopâtre extrait du Jules César de Haendel. Beaucoup plus proche des canons de l’esthétique baroque, la jeune soprano se fond à merveille dans l’harmonie des Gabrieli Consort. Ce qu’on perd en exubérance, on le gagne en cohérence, ce qu’on perd en flamboyance, on le gagne en netteté. L’ovation qui salue son « Da tempeste » au début du deuxième acte résonne comme un signal adressé par la salle à la star de la soirée, comme pour souligner qu’elle peut en donner plus s’il en fait davantage.

 

Pourtant, dès après l’entracte, Villazón a repris son ascension vers les sommets, plus patiemment, plus en douceur, ramenant à son style et à son personnage inimitables un univers qui n’est pas le sien. Et le charme opère progressivement, grâce en particulier à son « Ciel e terra » extrait de Tamerlano, enflammé et drôle, tendu et teinté d’auto-dérision. Un petit fléchissement pour le trop attendu « Ombra mai fu » offert en premier bis, avant un second bis, une reprise de « Ciel e terra », plus exubérante encore que la première, qui enflamme littéralement la salle. A ce moment, toutes les brides, les conseils de retenue, semblent oubliées. Villazón est bien de retour. Son médecin le lui reprochera sûrement. Pas nous.

 

 

Rolando Villazón en récital à la Salle Pleyel, avec Lucy Crowe, Gabrieli Consort, Paul MacCreesh, le 6 mai 2009.

Par Antonin - Publié dans : Salle Pleyel
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Vendredi 7 mai 2010 5 07 /05 /Mai /2010 15:23

Traviata-Zurich.jpg

 

Voilà trois ans que la manifestation « tous à l’opéra » est proposée en France, et même en Europe, sans que jamais ses programmation n’aient suscité mon intérêt. Les activités se limitaient, semble-t-il, à des visites très superficielles des salles d’opéra, sans bonus ni coulisses. Non que je juge la manifestation complètement inutile – si elle fait rentrer dans les salles de simples curieux, on ne peut que s’en réjouir –, mais elle ne semble pas devoir apporter grand-chose à ceux qui connaissent déjà les salles, et jugent la musique plus importante que les lieux.

 

Consacrer une journée chaque année à l’opéra est une entreprise louable, mais la concentrer sur les lieux et non sur la musique – dans la très grande majorité des théâtres qui participent à l’opération, on n’entendra pas une note de musique du week-end, en tout cas pas en présence des simples passants.

 

Ce n’est donc pas dans les salles d’opéra mais à la télévision que cette journée d’ouverture trouve son accomplissement. Passons rapidement sur France Télévisions qui se contente de rediffuser tard dans la nuit le très moyen Cavalleria Rusticana de Mascagni aux Chorégies d'Orange l'an dernier avec Roberto Alagna, et qui avait déjà à l’époque fait l’objet d’une diffusion en direct, et d'un reportage de pure promotion consacrée à la marraine de l'opération cette année, Béatrice Uria-Monzon. Une rediffusion tard dans la nuit, un documentaire publicitaire, on n’est pas à la hauteur du partenariat que France Télévisions prétend avoir noué avec la manifestation.

 

Sur Arte en revanche, il y a ce week-end de quoi découvrir. D’abord en remettant à l’honneur une initiative qui dès sa première mise en œuvre en septembre 2008 avait suscité un profond intérêt : la mise en scène de la Traviata de Verdi en direct (à l’époque) à de la gare de Zurich semble parfaitement adaptée à l’objectif de ces journées « tous à l’opéra ». Une volonté de faire sortir l’opéra de ses lieux habituels, pour provoquer une rencontre avec un public non-initié. Le résultat est saisissant d’intelligence, et illustre à merveille ce que pourrait être une véritable ouverture de l’art lyrique, qui ne saurait se limiter à une visite patrimoniale des lieux de spectacle. De voir cette gare, lieu de passage par excellence, de bousculades, investie par la musique, de voir les gens pressés s’arrêter, parfois longuement, à la fois médusés et séduits par ce qui se passe sous leurs yeux, voilà qui fait sans aucun doute beaucoup plus pour la popularisation de l’opéra que d’ouvrir les salles.

 

Don-Giovanni-Ouazan.JPGA cela s’ajoute un hommage bienvenu à José Van Damme, dans un de ses plus grands rôles auquel il fera ses adieux en direct sur Arte samedi 8 mai au soir, en direct du théâtre de la Monnaie, celui du Don Quichotte de Massenet. Moins propice à la popularisation, mais non moins intéressant, le Don Giovanni expérimental proposé par Paul Ouazan, exploration visuelle qui alterne des plans très serrés, des mosaïques, des images de coulisses, de l’orchestre, tout cela sur la musique de Mozart.

 

Les journées « tous à l’opéra » ont encore à évoluer pour apparaître comme de véritables opération d’ouverture et pas seulement d’opérations de simples opérations de communication. Mais on doit déjà de féliciter de voir des opéras grand public envahir les écrans de télévision pendant deux jours, à des horaires plus accessibles. Il n’y a plus qu’à espérer que les audiences d’Arte donneront des idées à France Télévisions.

 

« Tous à l’opéra », journées européennes de l’opéra, les 8 et 9 mai 2010.

Par Antonin
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