Voyage au pays de Verdi : le Festival de Parme

Publié le par Antonin



C’est un tournant pour mon blog, qui s’internationalise en s’offrant une tournée en forme de retour au source dans le berceau de l’opéra. Tout commence à Parme. Parme, son fromage, son équipe de foot, sa cathédrale et… son festival Verdi. Pendant un mois, la petite ville de Parme vit au rythme de Verdi, Verdi est partout, dans les rues, les cinémas, les expositions, sur les voitures et jusque dans les magasins de sous-vêtements.



 

Le théâtre Regio de Parme qui accueille l’essentiel de l’événement est un haut lieu de l’opéra digne des plus grandes salles d’Europe. Une acoustique particulière, presque trop brute, qui donne l’impression d’être au premier rang même du plus haut des balcons et une forme oblongue avec cinq étages de corbeilles, mauvaises pour les torticolis mais excellentes pour l’acoustique sont les principales particularités de ce haut lieu de l’Emilie, à quelques kilomètres du lieu où Verdi a passé le plus clair de son existence. Dans de telles conditions, on comprendra que le ton exigeant qui est celui de mon blog laisse ici un peu la place au plaisir de redécouvrir Verdi dans un lieu mythique si beau et si propice.

 

Cette année, c’est le jeune Verdi qui est à l’honneur, avec en tête d’affiche le patriotique Nabucco, et une rareté, I Due Foscari, avec en vedette dans les deux cas le vétéran Leo Nucci (qui fut déjà Foscari à la Scala au printemps dernier). Pour ma part, c’est au second que j’ai assisté, en l’absence de Leo Nucci, remplacé pour l’occasion par Claudio Sgura, qui malgré son jeune âge remporte un triomphe dans le rôle du vieillard Foscari. Un triomphe d’autant plus flatteur que le public ici est connaisseur, et n’applaudit pas par politesse.

 

I Due Foscari, l’histoire du fils du doge de Venise injustement accusé et que son père est contraint de bannir, ne mérite pas l’oubli relatif dans lequel il est tombé. Mais le fougueux Verdi des jeunes années a composé des rôles d’une telle difficulté technique qu’on comprend que les chanteurs aient quelque réticence à s’y attaquer. Pourtant, Roberto Biasio, qui chante Jacopo Foscari, comme Tatiana Serjan, qui est son épouse Lucrezia y brillent de tous leurs feux, peut-être pas avec une extrême finesse pour le premier, mais avec une efficacité certaine. On est de toute façon  à quelques kilomètres de Modène, la patrie de Pavarotti, où le spectacle sera repris dans quelques jours…

 

Côté mise en scène, pas de faute de goût ni d’extravagance à attendre dans ce temple du purisme verdien, où le public est particulièrement chatouilleux. Les costumes sont de couleur unie, rouge et noir pour les méchants, jaunes et verts pour les gentils. Si l’on excepte le très kitsch coucher de soleil sur Venise qui accompagne le dernier acte, tout est léger, esthétique, propice à s’effacer devant le génie de la seule vraie star de la soirée : il maestro Verdi.

Publié dans Italie

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