Altre stelle : une étoile filante

Publié le par Antonin

 

Combiner la densité d’un récital avec l’intensité de la scène. C’est le pari d’Altre stelle, un spectacle d’un genre nouveau, proposé par la mezzo-soprano Anna Caterina Antonacci au théâtre des Champs-Elysées dans une mise en scène de Juliette Deschamps.

 

Plus que d’étoiles, c’est de femme qu’il est question, et de femmes de caractères. La mère, l’amoureuse, la jalouse, tout y passe, avec les plus grands rôles de ce répertoire. Médée, Phèdre, Ophélie, Didon, tout cela dans un mélange de style musical qui tient de la virtuosité puisqu’il va de Rameau à Berlioz à Berlioz en passant par Cherubini.

 

Ce grand écart passe pourtant avec une remarquable fluidité. Le mérite en revient d’abord à une mise en scène sobre et élégante. Il doit aussi beaucoup à la direction d’orchestre très souple de François-Xavier Roth et aux surprenantes capacités d’adaptation de l’orchestre Les Siècles, dont les transitions instrumentales permettent un passage en douceur d’un univers à l’autre.

 

Indéniablement, Anna Caterina Antonacci est une grande. Son impressionnante présence scénique, sa sensualité magnifiée par Wiebke Horn, sa voix sombre et chaude, sa diction impeccable, tout cela donne à la cantatrice une présence et un magnétisme assez unique. On regrettera en revanche les intermèdes parlés où la diction qui impressionne tant dans le chant se dissout un peu.

 

Ajoutons un problème de forme. Déconcerté par un genre musical nouveau, bringuebalé d’un univers musical à un autre sans qu’il lui soit laissé le temps même d’applaudir pour respirer, le public est de surcroît privé d’entracte et laissé un peu sur sa faim au bout d’une heure à peine. L’étoile a brillé, mais elle a filé.

 


Altre stelle
au Théâtre des Champs-Elysées, les 27 et 29 avril 2009.

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