Rafraîchissantes Noces

Publié le par Antonin

 

 

Depuis les abominables Noces de Figaro de Christophe Marthaler à l’opéra Garnier il y a trois ans, toutes de mauvais goût et de provocation, on n’avait plus vu ce chef d’œuvre de Mozart à Paris. Un oubli réparé par une production du théâtre des Champs-Elysées qui prend l’exact contrepied de l’hérésie d’il y a trois ans. C’est que l’expérimenté Marc Minkowski qui dirige son orchestre des Musiciens du Louvre a choisi de faire de cette œuvre majeure l’occasion de mettre en avant le génie de Mozart et non le sien propre. D’où une grande sobriété générale, qui doit s’interpréter comme une forme de modestie face à l’ampleur de l’œuvre.

 

Pour lui rendre justice, la production du théâtre des Champs Elysées a choisi de tempérer l’expérience de son chef d’orchestre par un plateau de chanteurs jeunes et encore relativement peu connus. Un choix gagnant puisqu’il en résulte un spectacle rafraichissant, dynamique, débordant, parfois un peu indiscipliné mais toujours appliquée. Avec une distribution très homogène, menée par la Susanne tout en charme et en espièglerie de la jeune Olga Peretyatko et le comte du basse italien Pietro Spagnoli, doté d’une voix particulièrement intéressante, capable de varier les couleur pour passer d’une rudesse presque granitique à une très grande douceur. Seule déception, mais c’est une habitude, le Cherubino d’Anna Bonitatibus n’a pas toute l’ampleur nécessaire à ce rôle ingrat : deux des plus beaux arie de Mozart, mais un second rôle un peu frustrant.

 

Quelques trouvailles de mise en scène – la très cocasse fuite de Cherubino par la fosse d’orchestre, par exemple – n’effacent pas tout à fait la médiocrité des décors, essentiellement constitués de tableaux d’un goût douteux. Pas de quoi altérer cependant le coup de fraîcheur que cette production donne à un opéra souvent maltraité. Beaumarchais se réjouirait de voir l’espièglerie et la légèreté de sa pièce si bien rendues.

 

Le Nozze di Figaro de Mozart au Théâtre des Champs-Elysées, jusqu’au 7 mars 2009.

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