Palmarès de début de saison

Publié le par Antonin


Il faut un début à tout. Ce blog commence alors que la saison lyrique est bien entamée, et de nombreux spectacles auraient mérité d’y figurer… Mais à quoi bon revenir sur ces spectacles terminés, dont j’ai moi-même souvent un souvenir imprécis. Je commencerai donc seulement pas une sorte de palmarès des spectacles que j’ai retenus de ce début de saison.

 

J’ai aimé :

- Lady Macbeth de Msensk de Chostakovitch à l’Opéra Bastille au mois de janvier : une œuvre riche et subtile quoiqu’un peu bruyante, magnifiée par la mise en scène provocante et brillante de Martin Kušej. L’interprétation du rôle de Katerina Lvovna Ismailova par la soprano néerlandaise Eva-Maria Westbroek restera dans les annales. Quelques scènes comme son accouplement sauvage avec le ténor Michael König, magnifiquement accompagné par la lumière des stroboscopes rendent à l’œuvre toute sa modernité. Un spectacle pour tous les publics majeurs et vaccinés.

- Ercole sul Termodonte de Vivaldi au théâtre des Champs-Elysées : le travail de Fabio Biondi sur Vivaldi est à comparer avec celui d’un Pablo Casals ou d’un Glenn Gould pour Bach. On n’écoutera plus jamais ce compositeur comme avant après Biondi. Exhumation, dépoussiérage, interprétation de référence. On doit tout ça à Fabio Biondi qui nous avait régalés il y a quelques mois à la salle Pleyel d’un Bajazet d’anthologie. Sans être tout à fait à la hauteur, son Ercole, dont on attend la version CD, fait un pas de plus vers la réhabilitation de Vivaldi parmi les géants de l’opéra. La présence d’un plateau de chanteurs de très grande qualité parmi lesquels la gloire montante du chant français Philippe Jaroussky n’y est pas étrangère.

 

J’ai moins aimé :

- Le Rigoletto de Verdi à l’opéra Bastille en septembre : aussitôt vu, déjà oublié. Les ingrédients étaient là, pourtant. Le solide Rigoletto, quoiqu’un peu fatigué de Juan Pons, la voix triomphante du Duc de Mantoue de Stefano Secco, la mise en scène étonnamment classique et effacée du très controversé Jérôme Savary… Pourtant la mayonnaise n’a pas pris. Plus qu’un mauvais souvenir, un non-souvenir.

- La Flûte enchantée de Mozart à Bastille en novembre, dans une mise en scène iconoclaste et pas toujours inintéressante, mais desservie par un plateau de chanteurs sans éclat. La provocation, pourquoi pas, mais à condition d’assurer les bases…

- Le Cosi fan tutte de Mozart au théâtre des Champs-Elysées en novembre : un spectacle terne dans sa mise en scène comme dans le chant. Pas désagréable, certes, surtout que les jeunes chanteurs ne manquent pas d’enthousiasme. Mais ennuyeux et pâlot, à l’image de décors et de costumes d’un beige uniforme.

 

 

Je n’ai pas du tout aimé :

Roberto Alagna en récital à la salle Pleyel. Dans l’article que j’avais écrit alors pour Francesoir.fr, j’avais essayé d’épargner le ténor populaire qui continue à séduire dans les chaumières à coups de roucoulades staracadémiques. Mais si je ne crache pas sur l’ouverture de l’opéra à de nouveaux publics, il ne faut pas confondre popularisation et vulgarisation. Roucouler dans un micro, voilà qui rapporte plus d’argent au roucouleur que de public aux salles d’opéra.

 

 

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